Bienvenue

 

Soy el tigre

 

 

Te acecho entre las hojas

 

 

anchas como lingotes

 

 

de mineral mojado

 

 

El río blanco crece

 

 

 

bajo la niebla, llegas

 

 

Desnuda te sumerges

 

 

Espero.

 

 

Entonces en un salto

 

 

de fuego, sangre, dientes

 

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culture espagnole

Mardi 26 avril 2005

C’est en 1928 qu’il entreprend de tourner son premier métrage Un chien Andalou en collaboration avec Salvador Dali. Le scénario du film a été écrit en six jours, à la manière de l’écriture automatique « nous écrivions en saisissant les premières images qui nous venaient à l’esprit et , à l’inverse, en rejetant systématiquement tout ce qui pouvait nous venir de la culture et de l’éducation. Nous devions être surpris par les images pour les acceptes sans discuter. Rien de plus.» (Buñuel).

 

 

Il cherche à nous dérouter, il n’aborde pas son œuvre à travers des codes cinématographiques traditionnels par lesquels le spectateur serait tenté de la décrypter. Nous n’avons ni repère temporelle (« Il était une fois », « 8 ans après », « vers 3h du matin, 16 ans avant », « au printemps »)  ni repère spatial puisque ses données ne sont pas homogènes entre elles. Les liens entre les différentes scènes également servent à semer l’incohérence dans l’esprit du spectateur, que vient faire l’histoire de l’œil coupé avec le reste du film? L’enchaînement n’est ni logique ni repérable, les mélanges incongrus aussi bien au niveau de la musique qui associe un tango argentin avec le « Tristan et Iseult » de Wagner qu’au niveau des images où des ânes pourris sont posés sur un piano. En bref, « Rien dans ce film ne symbolise quoique ce soit »(Buñuel) que ce soient des idées ou des concepts.

Cependant, si Dali et Buñuel utilisent des éléments oniriques le cinéaste déclare que ce film « n’est pas la description d’un rêve. Au contraire, le milieu ambiant et les personnages sont réels ». Si l’œuvre nous semble donc incohérente, comme le serait le discours d’un « fou », elle veut dire quelque chose.

Il y a déjà une référence forte probable à leur vie dans la résidence universitaire de Madrid. Federico Garcia Lorca, obsédé par sa propre mort avait pour habitude de parodier sa décomposition, de décrire son cadavre, son enterrement et sa mise en cercueil ; il se levait ensuite d’un bond et éclatait de rire. Ce rituel apparaît dans Un chien Andalou : après que des fourmis soient sorties de la main du protagoniste nous nous retrouvons dans sa chambre, le jeune homme, étendu, se réveille ou ressuscite. Lorca est peut le chien andalou. De plus, les ânes putréfiés, qui reviennent assez fréquemment dans l’œuvre de Dali, ne sont pas de son invention mais de celle de José Bello qui faisait partie des amis respectifs des deux artistes. Peut-être aussi viennent-ils de l’enfance du cinéaste, lorsqu’il croisa un âne mort sur le bord de la route…

Tout le film nous plonge dans l’inconscient des deux artistes, de leur peur ou de leur dégoûts mais aussi de leurs désirs. Par exemple la scène de l’œil coupé pourrait tout aussi bien être le symbole d’une phobie que le symbole d’une femme déflorée, nous nous retrouvons derrière l‘œil du cinéaste, au cœur de ses pensées. Comme nous la femme contemple, la lune, elle est spectatrice et c’est à elle que nous pouvons nous identifier, nous allons vivre une expérience peu commune en rentrant dans ce film a priori illogique, comme l’est le fait de se faire couper un œil.

Le désir masculin se traduit encore lorsque le protagoniste fantasme sur la poitrine de la jeune femme. Mais pour aller encore plus loin et ne pas se confiner à quelques détails nous pouvons suivre l’idée de quelques critiques qui pensent que tout le film serait la représentation d’une maturation sexuelle. Le protagoniste tenterait de se débarrasser de ses doutes, il chercherait à découvrir son orientation sexuelle et à assouvir enfin ses pulsions auprès de la jeune fille.

Cependant nous ne devons pas oublier que ce film avait été conçu comme «  un désespéré, un passionné appel au meurtre », et non pas en vue de créer quelque chose de « beau et poétique » comme le décrira le grand public. Ainsi, les pulsions décrites tout au long de l’œuvre ne seraient pas celle du cinéastes ni de Dali mais celle du poète Garcia Lorca qui s’est reconnu comme étant le chien andalou. Ce dernier pourrait être considéré comme étant à la fois l’homme et la femme qui luttent, comme pourrait lutter sa conscience puisque le film est sensé exploiter les « découvertes de Freud » . Ainsi le personnage est sortit d’une période androgyne est se retrouve en prise avec des tendances homosexuelles lorsqu’il rencontre cette jeune fille assez virile, son double. Les fourmis grouillants au creux de sa main peuvent représenter la décomposition de sa masculinité. Il tente alors de se rapprocher de la femme qui le rejette et se défend, puis traîne, au moyen de deux cordes, une série d’objets, peut-être ce qui constitue son passé et sa culture, dont un piano ( il est à noter que Lorca jouait parfaitement de cette instrument). C’est alors qu’un autre double apparaît, un homme beaucoup plus sûr de lui et élégant, assassiné, la virilité est morte à la manière dont le poète représentait sa mort devant ses amis. La jeune femme quitte finalement le héros qui a perdu sa conquête et va retrouver un autre homme car il faut rappeler que Lorca était homosexuelle.

Les pulsions de lutte à mort entre les conscience prennent alors l’apparence de pulsions érotiques où la femme gagne, tout en devant cohabiter avec l’homme, partie intégrante de son monde.

Dans le recueil d’un Poète à New York, Lorca écrit un poème où il utilise les images d’un Chien Andalou , peut-être en réponse à ce film. Paisaje con dos tubas y un perro asirio

AMI,                                                                                                                              AMIGO,

Lève-toi pour entendre hurler à la mort                                  levántate para que oigas aullar

Le chien assyriens                                                                                             Al perro asirio.

Les trois nymphes du cancer ont dansées                         Las tres ninfas des cáncer han estado bailando,

Mon fils.                                                                                                                      Hijo mío.

Elles ont apportés des montagnes cachetées de cire rouge               Trajeron unas montañas de lacre rojo

Et des draps dures où était endormis le cancer.    y unas sábanas duras donde estaba el cáncer dormido.

Le cheval avait un oeil dans le cou                                                            Un caballo tenía un ojo en el cuello

Et la lune se trouvait dans un ciel si froid                                                   Y la luna estaba en un ciel tan frío

Que son mont de Vénus a dû s‘arracher,                                    Que tu que desgarrarse su monte de Venus

Et noyer de sang et de cendre les vieux cimetières                 Y ahogar en sangre y ceniza los cementerios antiguos.

Ami,                                                                                                                                      Amigo,

Réveille-toi car les montagnes ne respirent pas encore       Despierta que los montes todavía no respiran

Et les herbes de mon cœur sont dans un autre lieu                 Y las hierbas de mi corazón est en otro sitio.

Peu importe que tu sois remplis d’eau de mer.                           No importa que estés lleno de agua de mar.

J’ai longtemps aimé un petit garçon                                                                Yo amé mucho tiempo a un niño

Qui avait une petite plume sur la langue                                                   Que tenía una plumilla en la lengua

Et nous vécûmes cent ans à l’intérieur d’un couteau                            Y vivimos cien años en un cuchillo.

Réveille-toi. Tais-toi. écoute. Assieds-toi un peu.            Despierta. Calla. Escucha. Incorpórate un poco.

Le hurlement                                                                                                                        El aullido

C’est une longue langue violette qui laisse                                           Es una larga lengua morada que deja

Des fourmis d’horreur et liqueur d’iris                                                   Hormigas de espanto y licor de lirios.

Il arrive jusqu’à la roche. N’étends pas tes racines!          Ya viene hacia la roca. i No alargues tus raices!

Il s’approche. Il geint. Ne sanglotes pas dans ton rêve, ami.        Se acerca. Gime. No solloces en sueños, amigo.

Ami!                                                                                                                                       i Amigo !

Lève-toi pour entendre                                                                                       Levántate para que oigas aullar

Le chien assyrien                                                                                                        Al perro asirio

Le poème commence par parler de trois nymphes, c’est-à-dire trois divinités d’apparence a priori agréable mais qui cachent le mal en leur sein puisque elles renferment la maladie, la mort, la souffrance du cancer. Peut-être sont-elles les parques? Revêtues d’une apparence séduisante pour appâter le spectateur, elles auraient tissées un nid de souffrances pour le poète, sensible aux attaques de ses amis. Ces nymphes lui ont donc apportées un message limpide qui allait faire naître sa souffrance. Le cheval pourrait nous renvoyer aux ânes de la jeunesses des trois compères, ce serait une allusion cachée qui nous montrerait que Lorca, à la lumière de son passé, fait un reproche à Dali et à Buñuel qui ont enlevés toute virginité en arrachant le « mont de Vénus » et donc toute pureté à ses vieux souvenirs, souillés, tâchés de sang. Mais leur message n’a pas encore une véritable importance et les préoccupations et surtout la vie de Lorca est ailleurs. Donc peu importe que cette vie soit amer car dans sa jeunesse, quand il n’était pas encore ce qu’il est devenue au moment d’écrire ses vers, vivait au milieu de ce couteau qui à rendu impure ses souvenirs, cet œil. Sa souffrance c’est la mort symbolisée par le poète avec le violet et par les cinéastes avec les fourmis. Sa peine ne doit pas s’étendre, lui-même doit se lever pour écouter l’homme qu’il est devenue, le « chien assyrien ».

Ce poème serait alors surréaliste grâce aux images qui naissent dans l’imagination de Lorca, devant lesquels le lecteur reste déconcerté, elles ne sont pas d’emblée compréhensibles mais sont insérées dans des thèmes, ici principalement la mort, son passé, souillée au travers d’une image érotique et cruelle du mont de Vénus arrachée.

Le chien afghan de Dali peuvent être une réponse au chien assyrien. Le chien est caché au milieu des nuages ou simplement au milieu des formes du tableau. Il n’est pas immédiatement visible aux yeux du spectateur car chacun, selon son imaginaire ou selon son inconscient peut découvrir de nouvelles images cachées, comme un cheval allongé. Ici Dali a associé différents éléments existants, les a mélangé jusqu’à les confondre dans une combinaison déroutante et parfois inaperçue.


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Vendredi 29 avril 2005

Voilà un des plus textes les plus connu de Federico Garcia Lorca, méprisé par Dali et reconnu aujourd'hui comme l'un des plus beau recueil de la poèsie espagnole.

La luna vino a la fragua

Con su polisón de nardos.

El niño la mira mira.

El niño la está mirando.

En el aire conmovido

mueve la luna sus brazos

y enseña, lúbrica y pura,

sus senos de puro estaño.

Huye luna, luna, luna.

Si vinieran los gitanos,

harian con tu corazon

collares y anillos blacos.

Niño dejame que baile.

Cuando vengan los gitanos,

te encontrarán sobre el yunque

con los ojillos cerrados.

Huye luna, luna, luna,

que ya siento sus caballos.

Niño, déjame no pises

mi blancor almidonado.

 

El jinete se acercaba

tocando el tambor del llano.

Dentro de la fragua el niño

tiene los ojos cerrados.

Por el olivar venían,

bronce y sueno, los gitanos.

Las cabezas levantadas

y los ojos entornados.

 

 ¡ Cómo canta la zumaya,

ay cómo canta en el árbol !

Por el cielo va la luna

con un niño de la mano.

 

Dentro de la fragua lloran,

dando gritos los gitanos.

El aire la vela vela,

el aire la está velando.

 


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Samedi 30 avril 2005

Su luna de pergamino

Preciosa tocando viene

por un anfibio sendero

de cristales y laureles.

El silencio sin estrellas,

huyendo del sonsonete,

cae donde el mar bate y canta

su noche llena de peces.

En los picos de la Sierra

los carabineros duermen

guardando las blancas torres

donde viven los ingleses.y os gitqnos  del agua

levantan por distraerse,

glorietas y caracolas

y ramas de pino verde.

 

 

Su luna de pergamino

Preciosa tocando viene.

Al verla se ha levantado

el viento que nunca duerme.

San Cristobalón desnudo,

lleno de lenguas celestes,

mira a la niña tocando

una dulce gaita ausente.

 

Niña deja que levantes

tu vestido para verte.

Abre en mis dedos antiguos

la rosa azul de tu vientre.

 

Preciosa tira el pandero

y corre sin detenerse.

El viento-hombrón la persigue

con una espada caliente.

 

Frunce su rumor el mar.

Los olivos palidecen.

Cantan las flautas de umbría

y el liso gong de la nieve.

 

¡ Preciosa corre, Preciosa,

que te coge el viento verde !

¡ Preciosa, corre, Preciosa !

¡ Míralo por donde viene !

Sátiro de estrellas bajas

con sus lenguas relucientes.

 

Preciosa, llena de miedo,

entra en la casa que tiene,

más arriba de los pinos,

el consúl de los ingleses.

 

Asustados por los gritos

tres carabineros vienen,

sus negras capas ceñidas

y los gorros en las sienes.

 

El inglés da a la gitana

un vaso de tibia leche,

y una copa de ginebra

que Preciosa no se bebe.

 

Y mientras cuenta, llorando,

su aventura a aquella gente,

en las tejas de pizarra

el viento, furioso, muerde.

 

Federico Garcia Lorca, El romancero gitano

Par ****
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Dimanche 1 mai 2005

(même si là c'est pas pour le père )

Recuerde el alma dormida,

avive el seso y despierte

contemplando

cómo se pasa la vida,

cómo se viene la muerte

tan callando ;

cuán presto se va el placer,

cómo, después de acordado,

da dolor ;

cómo, a nuestro parecer,

cualquiera tiempo pasado

fue mejor.

 

Pues si vemos lo presente

cómo en un punto se es ido

y acabado,

si juzgamos sabiamente,

daremos lo no venido

por pasado.

No se engañe nadie, no,

pensando que ha de durar

lo que espera,

más no duro lo que vió,

pues que todo ha de pasar

por tal manera.

 

Nuestras vidas son los ríos

que van a dar en la mar,

que es el morir ;

allí van los señoríos

derechos a se acabar

y consumir ;

allí los ríos caudales,

allí los otros medianos

y más chicos,

y llegados son iguales

los que viven por sus manos

y los ricos.

 

 

Par ****
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Lundi 2 mai 2005

Cuerpo de mujer, blancas colinas, muslos blancos,

Corps de femme, blanche collines, cuisses blanches,

te pareces al mundo en tu actitud de entrega.

tu ressembles au monde dans ton attitude d'abandon.

Mi cuerpo de labriego salavaje te socava

Mon corps de laboureur sauvage te creuse

y hace saltar el hijo del fondo de la tierra.

et fait jaillir le fils du fond de la terre.

 

Fui solo como un túnel. de mi huían los pajáros,

J'alla seul comme un tunnel. Les oiseaux me fuyaient,

y en mí la noche entraba su invasión poderosa.

et en moi la nuit pénétrait de sa puissante invasion.

Para sobrevivirme te forge como un arma,

Pour me survivre je t'ai forgé comme une arme,

como una flecha en mi arco, como una piedra en mi honda.

comme une flèche à mon arc, comme une pierre à ma fronde.

 

Pero cae la hora de la venganza, y te amo.

Mais vient l'jeure de la vengeance, e je t'aime.

Cuerpo de piel, de musgo; de leche ávida y firme.

Corpsde peau, de mousse, de lait avide et ferme.

Ah los vasos del pecho ! Ah los ojos de ausencia !

Ah les vases de la poitrine ! Ah les yeux de l'absence !

Ah las rosas del pubis ! Ah tu voz lenta y triste !

Ah les roses du pubis ! Ah ta voix lente et triste !

 

Cuerpo de mujer mía, persistiré en tu gracia,

Corps de femme mienne, je persisterai dans ta grâce.

Mi sed, mi ansia sin límite, mi camino indeciso !

Ma soif, mon désir illimité, mon chemin indécis !

Oscuros cauces donde la sed eterna sigue,

Obscurs lits de rivières où persiste la soif éternelle,

y la fatigua sigue, y el dolor infinito.

où pesiste la fatigue, et la douleur infinie.

 

Pablo Neruda, veinte poemas de amor y una canción desesperada

Par ****
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